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Commémoration du 11 novembre 1918

recueillement, mémoire et réflexion

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Cérémomie

La cérémonie a commencé, le mercredi 11 novembre 2009, par le traditionnel dépôt de gerbes, suivi de la lecture du message de M. Hubert Falco, secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants.
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Cortège2

Puis, les acteurs de la troupe du Théâtre du Sillon ont lu quatre lettres de Poilus de La Chapelle Launay. On en trouvera les textes ci-contre.
Après l’appel aux morts, et la minute de silence, Jacques Dalibert, maire, a prononcé l’allocution dont nous publions également le texte intégral ci-dessous.

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Expo

La commémoration s’est terminée par la visite, en salle du conseil de la mairie, de l’exposition « la Grande Guerre » de l’ONAC et par un pot de la fraternité, offert par la municipalité dans le hall d’entrée.

L’allocution du Maire

Mesdames, messieurs les représentants des corps constitués et des associations, Chers concitoyens,

En ce jour anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, nous rendons hommage aux victimes de la Grande Guerre, et tout particulièrement aux 63 jeunes hommes de notre commune.

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Discours_Maire

Nous venons de les nommer en qualifiant leur profession qu’ils n’ont exercée plus jamais. 44 cultivateurs, 3 maçons, 3 charpentiers, 2 manœuvres, 2 commerçants, 1 briquetier, 1 meunier, 1 charron, 1 instituteur.

D’autres sont rentrés blessés dans leur chair, dont deux amputés d’une jambe et un amputé d’un œil, ou encore meurtris dans leur cœur.

Ils ont quitté un métier, des parents, une fiancée, une femme, un enfant, des amis, des paysages, enfin leur commune.

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Sous la censure, ils nous ont donné de leurs nouvelles tant attendues. L’an passé nous avions lu ici quelques lettres des Poilus tirées d’un livre choisi, aujourd’hui nous venons de vous lire quatre lettres de Poilus de la Chapelle Launay tirées de leur enveloppe. Deux d’entre eux ont leur nom gravé sur cette table, Joseph Fréour tué en 1916 a écrit la première lettre lue, Jean Oheix tué en 1915 est l’auteur de la lettre prémonitoire à son bébé de 4 mois. Les autres lettres sont écrites par deux frères qui rentreront au pays, Louis Dalibert – mon propre grand-père – et Joseph Dalibert qui y laissera une jambe.

En votre nom, je remercie vivement leurs familles de nous avoir confié ces précieux témoignages que vous pourrez découvrir tout à l’heure dans la mairie, et je remercie sincèrement les acteurs du Théâtre du Sillon de nous en avoir fait la lecture. D’autres lettres existent certainement au fond des armoires, pourquoi pas les rassembler au service d’un travail de mémoire soit par l’intermédiaire du groupe de travail extra-municipal « Culture et Patrimoine » ou de l’ association « Histoire Locale et Patrimoine Capellaunaisien » ?

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Lecture_lettres

Comprenons bien, qu’après la disparition du dernier Poilu l’année dernière, une telle commémoration nationale ne peut se contenter, selon nous, d’évoquer l’Histoire de France sans évoquer la brève existence de ces jeunes hommes et les sortir un peu de l’anonymat de la pierre tombale. Afin de comprendre encore et encore, avec les jeunes générations, que les guerres , grandes ou petites, vaincues ou perdues, sacrifient des vies humaines jusque dans nos propres familles et nos amitiés intimes.

Une génération a disparu, conduite dans l’horreur des tranchées sur fond de guerres coloniales. Sans ces hommes debout dans l’enfer de la boue et sans ces femmes devenues responsables des fermes désertées, nous ne serions pas là aujourd’hui heureux de vivre dans un pays libre et démocratique. Ils ont marqué leur passage en versant leur jeune sang pour la liberté.

La génération suivante aurait pu bénéficié des leçons de l’histoire et vivre en paix … Malheureusement, l’ambition, la toute puissance, la folie d’un homme capable d’entraîner derrière lui une grande nation comme l’Allemagne grâce aussi à un climat propice au développement des idées fascistes dont nous ne sommes jamais totalement à l’abri, ont replongé notre pays dans un combat fratricide. D’autres jeunes et des moins jeunes l’ont payé de leur vie.

D’autres encore ont été sacrifiés lors des conflits d’émancipation des territoires colonisés.

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Public

Nous avons la chance de vivre dans une Europe en paix. Malheureusement, d’autres pays, sur tous les continents vivent toujours des guerres que la population n’a pas choisi de mener. Je pense ici au conflit permanent israélo-palestinien, aux murs que l’on construit ici ou là. Nous savons pourtant le sort incontournable de toutes ces murailles d’empire, de ces remparts moyenâgeux ou de ces rideaux de fer : celui d’être immanquablement franchis et détruits. …

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Pot

Chers amis, nous devons rester attentifs à ce qui se passe chez nous. Le tout répressif, la double peine, le fichage, le débat sur l’identité nationale, sont des cadeaux du gouvernement offerts à l’extrême droite qui ne cache pas ses idées. Le racisme trouve parfois ses racines jusque dans nos cours de récréation. Je ne parle pas seulement de la couleur de la peau, mais aussi de la mise à l’écart de la personne handicapée ou de celle cataloguée « cas social » par notre société bien pensante.

« - Plus jamais la guerre, c’est la der des der » disaient nos anciens Poilus. Soyons vigilants.

Pour clore cette cérémonie, je vous propose de rentrer dans la mairie y prendre le verre de la fraternité offert par la municipalité. Vous pourrez y découvrir une exposition sur la Grande Guerre réalisé par l’Office National des Anciens Combattants et victimes de guerre, ainsi que les lettres des Poilus qui viennent d’être lues.

Au nom de la municipalité, je vous remercie tous de votre participation.


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Rencontre : Yann Soulard, André Beaufrand et Jacques Dalibert

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Infos pratiques

Les lettres des Poilus
  • Lettre du 11 août 1914, de Jean Oheix, 31 ans, de la Berthelais, à son fils de 4 mois.
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LETTRE 1
  • Lettre du 27 avril 1916, de Joseph Fréour, 21 ans, du bourg, à sa sœur Marie
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LETTRE 3
  • Lettre du 4 juin 1916, de Louis Dalibert, 26 ans, du bourg, à sa fiancée.
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LETTRE 4
  • Lettre du 6 janvier 1917, de Joseph Dalibert, 32 ans, du bourg, à sa famille.
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LETTRE 2